14 janvier 2013

C'est comme ça, je dois avancer...



L'année prochaine, je le sais, je le sens je retournerai au Creusot pour ressusciter.

C'est comme ça, je dois avancer...

Je suis morte il y a des années et personne ne s'en est rendu compte ; pas de paroles pour un adieu.

J'ai chaviré dans la grâce de solitude, ressenti l'absente apparence que ce que je devenais et désormais, je veux y remédier, oser parler, clamer, crier, écrire, dicter, chanter et me taire aussi pour saluer la Terre et ses caprices, attraper le souffle du vent, le laisser me caresser, me chatouiller. 

Je veux apprivoiser la douleur dans un désordre de pétales rouges, ceux justement que j'ai lancé sur le passé et qui se sont évaporés ...

J'irai comme l'équilibriste que le vertige n'inquiète pas.

J'avancerai dans les ruines du ciel à ta recherche en me posant la sempiternelle question du beau, de l'éclat du solitaire dans tes mots, du pourquoi toi, du pourquoi moi ; la question du hasard que tu nommes destin, de ce qui freine la pensée, de ce qui fait chavirer l'âme, des doutes écorchées par des litanies sans mémoire.

C'est toi que j'irai voir, rencontrer dans la lumière du monde.

Un soir j'arriverai sans mots dire et, même si tout le monde est occupé, je pousserai la porte.

Je rentrerai dans une bibliothèque de nuages, comme une dame blanche, lentement, pour mieux faire glisser les sanglots.

Je viendrai voir le temps qu'il fait ...

Ne prends pas peur !
Lorsque je t'approcherai, je te murmurerai calmement, lentement, en entrouvrant à peine les lèvres, et le regard empli d'un doute terrifié, les paroles suivantes qui nous rapprocheront dans une prière que je ne maîtrise toujours pas :

- Donne-moi quelque chose qui ne meure pas...

Je suis sûre que tu saisiras dans mes yeux toute la douleur de l'irrémédiable absence de foi qui m'habite.

Annick SB    - Décembre 2011 -


J'ai choisi d'écrire un hommage à ce grand poète creusotin  - Christian Bobin  - que j'aime tant lire, et dont j'emprunte les titres de certains ouvrages mis en italiques dans mon texte.

8 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas ,merci de combler cette lacune. Bon dimanche avec bises

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    1. Je te conseille vivement la lecture alors !

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  2. la poésie tendre de Christian Bobin me rappelle celle tout aussi tendre de Françoise Lefèvre, bourguignonne aussi

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    1. Je vais chercher un ouvrage de Françoise Lefèvre que je ne connais pas et je te dirai si j'ai aimé !

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  3. J'aime beaucoup Christian Bobin. Je n'ai pas encore lu son dernier livre mais cela ne saurait tarder. Bonne journée.

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    1. Je n'ai pas encore lu le dernier non plus !!!

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  4. J'ai chez moi, " le peite robe en fête" qu'une amie m'a donné mais je n'ai pas encore réussi à le lire car il y a des mots ou des phrases soulignés au stylo et cela me gène ils sautent continuellementnt et m'empêchent de continuer. Je sais, je suis compliquée ( rires).

    Pas de difficulté pour lire ton texte bien au contraire, c'est le genre que j'aime

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  5. Oui, il nous faut avancer malgré les questionnements et la douleur.
    Et si le don qui ne meure pas était en nous ?

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