4 février 2013

Au pays des beffrois ...







Le beffroi sonne 7 coups.

Fanny boit son café accompagné d'une tartine beurrée.

Elle n'attrape pas le petit bloc posé sur la table ; elle n'a pas besoin aujourd'hui de griffonner à la hâte sa liste de courses ; elle n'oubliera rien : elle a tout dans la tête !

- quelques tomates bien mûres ( grand-mère aimait les pendelotes ... )

- deux courgettes ( surnom du grand Jacques ...)

- quatre pommes de terre ( qu'il est loin le jas de grand-père ... )

- quatre carottes ( on gardait les fanes pour les lapins ... )

- une livre d'haricots verts ( extras ...)

- une autre d'haricots coco ( rouge et blancs ...)

- un poireau ( pas trop gros... )

- un oignon blanc ( bien craquant... )

- une branche de cèleri ( pour Marie... )

- une tête d'ail ( et pas qu'une gousse ... )

et,

- du pistou bien sûr !

...

Le beffroi sonne la demi.

La fraîcheur du matin commence à se faire sentir dans les rues et sur les places.

Fanny sort de chez elle avec ses deux paniers.

L'air est frais.

Les pantalons longs recouvrent les jambes de la plupart des passants ; on a envie de chaud, c'est certain, même si il y aura encore de belles journées.

Fanny sourit ; elle ne s'est pas trompée de menu et toute la famille se régalera ce soir !

Sur le marché, les clients se pressent près des étals colorés ; ça rit, ça glousse, ça plaisante. L'ambiance est vivante et gaie.

Comme chaque samedi matin, Fanny cherche des yeux son vendeur préféré, celui qui a les plus beaux légumes ! Le voilà au bout de la rue qui la salue d'un geste de main en disant :

- Bonjour chele dame ?

Fanny énumère tout ce qu'elle souhaite aujourd'hui ; le marchand attrape, pèse, empaquette et commente ; il ne peut pas s'en empêcher !

Fanny est contente sauf qu'au dernier moment ;elle ressent un léger malaise ; il manque l'essentiel ; pas un seul bouquet sur l'étal ; Fanny s'en inquiète et réalise à l'air surpris du maraîcher qui ne peut la satisfaire quand elle dit :

- Et du pistou bien sûr !

Le beffroi sonne huit coups.

...

Oh peuchère !

Il est clair que la soupe au pistou, ce sera pour une autre fois au pays des beffrois !


Annick SB       janvier 2013

Consigne de Mil et Une .



6 commentaires:

  1. Il ne faut pas tirer des plans sur la comète et se contenter de ce que l'on a à l'instant présent... c'est ce que j'ai envie de croire après ton texte.

    Je garde quand même les couleurs, les odeurs, les senteurs qu'offrent les marchés. C'est un régal déjà sur les étals.

    Bises

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    1. Certes mais pour une provençale, ne pas pouvoir manger de soupe au pistou à la fin de l'été, je te jure que c'est presque comme un manque d'oxygène !!! ;-)

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  2. Sourire... bien amener.... Belle journée avec bises

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    1. Belle journée aussi avec ou sans potage !!!

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  3. Une histoire aussi vraie que nature. La soupe au pistou me réchaufferait bien aujourd'hui ! Belle journée à toi. Joëlle

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    1. La soupe ... c'est délicieux en toutes saisons !!! Mais en ce moment ce n'est pas pistou ! Plutôt épinards !!!

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