4 octobre 2013

De la poésie en réponse à des propos insupportables de certains ministres ...

Éloge de l'autre.

Celui qui marche d'un pas lent dans la rue de l'exil
C'est toi
C'est moi 
Regarde-le bien, ce n'est qu'un homme
Qu'importe le temps, la ressemblance, le sourire au bout des larmes
l'étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux
Aucun arbre arraché
Ne donne l'ombre qu'il faut
Ni le fruit qu'on attend
La solitude n'est pas un métier
Ni un déjeuner sur l'herbe
Une coquetterie de bohémiens
Demander l'asile est une offense
Une blessure avalée avec l'espoir qu'un jour
On s'étonnera d'être heureux ici ou là-bas.

Tahar Ben Jelloun

5 commentaires:

  1. Je n'ai pas entendu ces ministres mais j'imagine bien les réactions blessantes et négatives que certains distillent à longueur de temps

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  2. l'étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux.... c'est magnifique
    Emma

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  3. L'étranger a toujours tort, c'est bien connu, mais vu que l'on est tous des étrangers les pour les autres, on n'est pas sortie de l'auberge.

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  4. Merci de nous avoir fait connaître ce poème....tellement vrai!

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  5. Je suis comme Emma : j'adore : "l'étranger a toujours un ciel froissé devant les yeux" : parole magnifique !

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