Que chante le coq,
Ce matin encore
Que pétillent les plumes
Que fume le fumier
Que traverse l’éclair,
La grange s’enflamme.
Tu enfilais tes bottes
Travail ; activité ; labeur ; sueur
Quelque
part dans un champ, les chevaux t’attendent…
Que tombe la neige
Pour apaiser tout ça
Effacer, camoufler, calfeutrer
Tout ce vacarme là
Toutes mes peurs, mes vides, mes douleurs
Encore une fois, dis-moi
Juste une fois
M’aimes-tu ?
Est-ce possible que tu y songes encore au travers des
nuages ?
Que chante le coq
Je t’observe sur ce cliché sans ride
Je me soumets aux souvenirs,
Aux bons, aux merveilleux, aux indescriptibles
Quand, feignant d’être endormie et en paix
Je pleure
Paupières closes et lèvres humides
Salées
Tes insomnies croisent-elles mes rêves ?
Où es-tu ?
Dis-moi, dors-tu vraiment dans cette mort béante qui t’a
aspiré jadis ?
Attente
Que chante le coq
Que sonne la cloche
Que résonne le temps
Tu me manques toujours tout autant
Et nos rires,
Et nos cris,
Nos désirs,
Notre couche
Nos fils emmêlés
Nos souhaits
Ceux qui filent sur le rouet de l’instant
Où la perte saccage l’élan
En grinçant
Formant une couverture
Un linge brodé de cœurs et d’initiales
Un linceul que seule la mort chiffonnera encore,
Chiffonnera toujours, mon amour…
Que chante le coq,
Ce matin encore sur le muret en pierres
Que pétillent les plumes multicolores
Que fume le fumier
Que traverse l’éclair,
Mes souvenirs s’enflamment
Et la journée m’attend…
Annick SB mars 2026

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