Toujours...

 

Aquarelle de Félix Aumont-Leygue


 

 

-        Certains disent : « C’est le monde à l’envers ! »

 

-        Mais non, je ne suis pas d’accord ; le monde tourne toujours de travers et les rochers sont écueils ou refuge, mais jamais l’envers du décor.

 

-        Certains affirment : « C’est sens dessus dessous ! »

 

-        Mais non, je ne suis pas d’accord ; le sens qu’il soit en haut, en bas ou au milieu reste la boussole, le phare qui nous guide…

S’élever, briser les chaînes, élargir l’espace de ma tente, ça me tente, pas toi ?

 

-        Pour aller où ?


-        Dans la petite cabane isolée si tu aimes la solitude.

Sur les ailes du moulin si tu veux tourner en rond.

 

-        Non, je souhaite sonner le carillon ? Est-ce possible ?

 

-        Oui, bien sûr ! Ecoute-moi, une dernière fois, je t’en prie. Si tu sonnes le carillon, les idées deviennent chansons ; alors oui, accroche-toi à la corde et fais vibrer toutes tes pensées !

 

-        Merci mon ami …

 

-        Ne t’arrête pas en chemin. 

Avance. 

Ose. 

Vis !

 

Les phares sont l’aide dont nous avons tous besoin, de temps à autre.

La lumière brillera toujours, toujours, toujours … à l’infini.

N’aie crainte, tu n’es jamais vraiment seul si tu penses à lever les yeux…

 

Annick SB  mai 2026


Plaisir d'écrire....

 

Je vous laisse découvrir ce nouveau blog :

" Plaisir d'écrire " 

Il prendra vie le 1er mai 2026 pour une durée d'un an avec des propositions d'écriture hebdomadaires !


Clic !

Lorsque ...

 


Christine PRADIER : Clic !


Lorsque …

 

Lorsque s’élancent les silences fragiles et lancinants,

Lorsque s'étiole la nuit,

Sans un bruit, à petits pas de chat,

 Lorsque l’horizon fond

Dans le béton du phare qui brille.

Lorsque tout ça m’attire et m’enchante,

Soudain, et parce que c’est vital,

J’ouvre la fenêtre pour tout saisir à nouveau.

Je n’enivre du beau.

Je respire de longues goulées d’air salé.

Je contemple l’obscurité percée par les éclats de lumière réguliers,

Et me dis que la vie que j’aime tant est ainsi faite,

Invisible comme le vent

Eternellement puissante.

 

Alors, tout doucement je tombe à genoux pour rendre grâce…

 

Annick SB   avril 2026

 

( Logo rallye d’Alex B.T.: Briller, Fragile, Horizon, Eternellement, Tomber, Silence, Soudain, S’étioler, Nuit, Invisible )

 



Sur la rade...

 


                     Nocturne de James Abbott McNeill WHISTLER : Clic !



Je suis sur la rade et j’avance au rythme de ses pas en regardant le phare qui est au loin

 

Comme si elle voulait se cacher

Pour ne pas fuir

Pour ne pas déranger

Pour ne surtout pas glisser et disparaître,

Elle me guette

Elle me guette du coin de l’œil ouvert ou fermé

Elle est fatiguée

 

Ce matin, elle s’est enveloppée du sombre de ses pensées qui s’étaient invitées au réveil les vilaines, alors que la nuit avait si bien commencé

Elle les a fait ressurgir sans bruit, petit à petit, tout le long de la journée

Juste en pointillé

Dans le long silence d’un moment accompli, de confidences, d’errances

Elle entend quelques clapotis

Ça divague

Elle prie

L’ennui a avalé tous les embruns salés ; elle sourit

 

Je suis sur la rade et j’avance au rythme de ses pas en regardant le phare qui est au loin

 

Comme elle est secrète

Pour ne pas la blesser

Pour ne pas l’atrophier

Pour ne surtout pas couler et disparaître, c’est vrai

Je la respecte

Je cache ses pensées qui sont trop dures à vous narrer

Ecran de fumée

Tout est volatile sur le port

L’ambiance

Les gens

Les vapeurs d’alcool

Les bateaux qui vont et viennent sans attache et se fixent pourtant aux amarres

 

Je lui souffle : « IL ne faut jamais abîmer ce qui peut renaître. »

 

Je suis sur la rade et j’avance au rythme de ses pas en regardant le phare qui est au loin

 

A midi elle a eu chaud

Je crois vraiment qu’elle a eu chaud si j’en crois ses tremblements indécents

Mais ça c’est une autre histoire que seul le phare connaît et tait

Je ne suis pas habilité à tout vous raconter

 

Sans vraiment les froisser, elle attrape toutes ses mauvaises pensées

Tous ses naufrages

Toute sa rage

Et dans le creux de leurs noirceurs

Elle les repasse, un à un,  comme une bonne chimère qui espère pouvoir tout recommencer

 

Comme elle est fragile

Elle s’accroche à la roche pour ne pas tomber

Humidité salée

Ses paupières clignent et s’alourdissent, je le sais

Elle s’approche et me frôle sans danger

Je crois qu’elle m’aime

 

Je suis sur la rade et j’avance au rythme de ses pas en regardant le phare qui est au loin

 

C’est le début de la soirée maintenant

Elle a envie de pleurer

Elle me regarde m’effacer

Elle se pose, elle s’adosse

Elle pense à la fée Carabosse qui a voulu l’embobiner

Et dépose à mes pieds tout ce qu’elle voulait crier et qui était resté coincé

 

Et puis, soudain, dans l’obscurité qui m’a tout ôtée, elle décide de dormir à la belle étoile, là, sur le port

Elle souhaite se laisser guider dans des pensées qui vont devenir rêves pour laisser place à tout ce qui peut arriver dans la clarté et la luminosité des songes, toujours renouvelés

 

Je fuis sur la rade et disparait au rythme de ses pas

Je ne vois plus le phare qui est au loin

Je m’éteins, et me laisse lentement bercer par sa grande beauté…

 

Annick SB   avril 2026


Proposition 315 du blog Ecriture créative : Clic !

Attente...

 

 

Que chante le coq,

Ce matin encore

Que pétillent les plumes

Que fume le fumier

Que traverse l’éclair,

La grange s’enflamme.

 

Tu enfilais tes bottes

Travail ; activité ; labeur ; sueur

 

Quelque part dans un champ, les chevaux t’attendent…

 

Que tombe la neige

Pour apaiser tout ça

Effacer, camoufler, calfeutrer

Tout ce vacarme là

Toutes mes peurs, mes vides, mes douleurs

Encore une fois, dis-moi

Juste une fois

M’aimes-tu ?

Est-ce possible que tu y songes encore au travers des nuages ?

 

Que chante le coq

Je t’observe sur ce cliché sans ride

Je me soumets aux souvenirs,

Aux bons, aux merveilleux, aux indescriptibles

 

Quand, feignant d’être endormie et en paix

Je pleure

Paupières closes et lèvres humides

Salées

Tes insomnies croisent-elles mes rêves ?

 

Où es-tu ?

Dis-moi, dors-tu vraiment dans cette mort béante qui t’a aspiré jadis ?

 

Attente

 

Que chante le coq

Que sonne la cloche

Que résonne le temps

Tu me manques toujours tout autant

Et nos rires,

Et nos cris,

Nos désirs,

Notre couche

Nos fils emmêlés

Nos souhaits

Ceux qui filent sur le rouet de l’instant

Où la perte saccage l’élan

En grinçant

Formant une couverture

Un linge brodé de cœurs et d’initiales

Un linceul que seule la mort chiffonnera encore,

Chiffonnera toujours, mon amour…


Que chante le coq,

Ce matin encore sur le muret en pierres

Que pétillent les plumes multicolores

Que fume le fumier

Que traverse l’éclair,

Mes souvenirs  s’enflamment

Et la journée m’attend…

 

Annick SB  mars 2026