En avant la musique nostalgique avec Jean Ferrat...

 





Jean Ferrat, c'est toute mon enfance !

La lutte et l'amour concentrés dans ses belles paroles et mélodies.

Une espérance malgré la folie du monde !

Lorsque Ferrat est mort, j'ai pleuré trois jours durant ; j'étais inconsolable...


Rendez-vous au 1er avril pour une autre écoute.


Et bien sur, si vous le souhaitez, faites moi découvrir vos ziques préférées en insérant les liens dans les commentaires !

Voyage blanc...

 



Clarence Gagnon : Clic ! 


Souvenir délicieux de ce train qui filait à toute allure dans l'immensité blanche de ce pays chéri.

Souvenir délicat de cette neige glacée qui tombait sans arrêt des mois durant.

J'ai eu froid, tu le sais, certains matins d'hiver, quand le poêle mettait du temps à s'allumer.

J'ai eu faim aussi c'est certain, mais le passé est le passé...

...

Quand je voyageais, le train m'emmenait là où bon lui semblait et j'oubliais tous mes chagrins en contemplant la neige.

J'imaginais tout ce qui se cachait sous cette grande beauté.

Le mystère des hivers m'émerveillait.

Saison aussi immense que mes rêves l'étaient.

Je crois que je fuyais parfois, sans cesser de penser à tous ceux qui restaient de l'autre côté du pont, de l'autre côté de la cité.

Il fallait que je bouge, que je change, que je me lance et les rails m'invitaient à poursuivre cette quête infinie que tu nommais liberté...

...

Tu te souviens de ce que tu me disais pour m'inciter au voyage ? 

Vas-y, n'attend pas, l'audace n'a pas d'âge ...


Annick SB    février 2021


Le tableau du samedi chez Lilousoleil : Clic ! 



Dans une grande salle...

 



Ce n’est un secret pour personne : l’ampleur du phénomène a dépassé l’imaginable…

 

Rebrousser chemin était impossible.

Ils avancèrent jusqu’à la mort, on le sait, on le tait et c’est la double peine qui les entraine dans le déni, dans l’oubli.

Les victimes s’amoncelaient en tas.

Comment se nommaient-elles ?

 

N’oublions pas, non,

N’oublions jamais ce que certains ont voulu occulter, effacer, taire, dissimuler.

 

Ce n’est un secret pour personne : l’ampleur du phénomène a dépassé l’imaginable…

 

La pression sociale paraissait infime pour contrer la fureur.

Tout le monde avait peur.

 

Et il a fallu continuer,

Résister à l’horreur.

 

Il a fallu marcher,

Résister à la facilité.

 

Il a fallu narrer,

Résister à l’incompréhension.

 

Il a fallu témoigner,

Résister à l’interprétation.

 

Regarder les yeux hagards des rares qui ont fait confidence, 

Lire l’effroi, la honte, la blessure, l’usure.

 

L’espoir semblait occulté.

 

Résister à l’oubli que suggéraient dans leur silence, les parenthèses des vies volées.

 

Expérience atroce,

Double peine,

Il a fallu ressentir et fuir, haïr et pardonner, se souvenir et taire, cacher et crier.

Il a fallu prier.


Il a fallu résister,

Résister

Résister

Résister…

 

Ce n’est un secret pour personne : l’ampleur du phénomène a dépassé l’imaginable.

Mais nous, nous n’oublierons jamais, jamais, jamais


Je n'oublierai jamais Perla...

Je n'oublierai jamais Fanny...

Je n'oublierai jamais James...

Je n'oublierai jamais Joseph...

Je n'oublierai jamais les autres...


La salle des noms : Clic !


Annick SB    février 2021






 Thème d'écriture chez Evy : Clic !


La cariole des Carpates...

 


Mariana Mihut : Clic !


Dis-moi, tu te souviens comme nous avions ri sur la cariole de grand-père. 

...

Il ne voulait pas nous emmener avec lui, mais mamette, qui en avait marre que l'on soit toujours dans ses jambes, nous a lancé : 

- Oust, suivez grand-père et apportez de la crème à tantine avant qu'elle ne fonde !

Pendant tout le trajet nous avions fait des suppositions fantaisistes sous le regard doux de notre grand-père chéri. 

...

- Qui doit fondre ? 

- La neige ? 

- Impossible en cette saison dans nos contrées de Carpates !

- La crème ? 

- Impossible qu'elle se liquéfie, vu la température !

- Tantine  ? 

- Fondre ? Oh la la  ; inimaginable !!!

- Tantine a un amoureux, tantine a un amoureux,  gloussions-nous bêtement.

Notre cheval, Bisonno, avançait sans prêter cas à nos cris ; il était habitué et faisait sa besogne paisiblement.

Sitôt arrivés devant la maison de tantine, nous faisions tous silence. 

On ne se moque pas des gens, même si on est un enfant ; on le savait.

Le respect des anciens était chose naturelle chez nous.

- Tu te souviens comme elle était belle tantine avec son fichu sur la tête et ses rides pleine de vie ? 

Regardez comme elle était souriante : Clic !

...

- Et qu'il était brave et surtout joyeux grand-père ; on l'a enterré au cimetière de Sapanta, sa ville d'origine, il y a quelques années déjà, et sa tombe est ravissante. Penses-tu encore souvent à lui toi aussi ? 




Annick SB    février 2021


Le tableau du samedi chez Lilousoleil : Clic ! 


Les bourgeons...

 


Promesse : Clic !


On n’y pensait plus

On tenait bon dans la grisaille, la neige, le froid

On aimait même la blancheur qui apaise

On était bien, douillets, secrets, enfouis sous la couette

 

Et puis un matin,

Au détour d’un petit chemin emprunté, car l’air était doux quand on a ouvert la fenêtre

On les a à nouveau aperçus

Timides mais limpides

Secrets mais dévoilés

Simplement posés

Et on s’est approché pour les toucher

On n’a pas pu s’en empêcher

 

On n’a pas su dire s’ils étaient pressés ou s’ils attendaient les jours meilleurs pour nous surprendre davantage

On n’a pas pu dire leur âge ; une heure, un jour, peut-être quelques secondes de plus, qui le sait…

On n’a pas su expliquer non plus pourquoi on restait émerveillés, muets, en contemplant une simple branche, pressant du bout des doigts leur corps comme un trésor, caressant leur robe et humant leur parfum de bonbons sucrés

On n’a pas su dire la douceur de leur promesse mais on l’a fait nôtre,

On l’a fait naitre,

Pour nous et pour les autres, car elle nous a immédiatement empli d’une joie débordante

La joie éternelle du renouveau, de la sève, de la vie …

 

Annick SB     février 2021

Participation au jeudi en poésie chez Abécé : Clic !