Je vous laisse découvrir ce nouveau blog :
" Plaisir d'écrire "
Il prendra vie le 1er mai 2026 pour une durée d'un an avec des propositions d'écriture hebdomadaires !
Cliquez sur les mots colorés et découvrez les surprises d'Annick SB
Je vous laisse découvrir ce nouveau blog :
" Plaisir d'écrire "
Il prendra vie le 1er mai 2026 pour une durée d'un an avec des propositions d'écriture hebdomadaires !
Christine PRADIER : Clic !
Lorsque …
Lorsque s’élancent les silences fragiles et lancinants,
Lorsque s'étiole la nuit,
Sans un bruit, à petits pas de chat,
Lorsque l’horizon fond
Dans le béton du phare qui brille.
Lorsque tout ça m’attire et m’enchante,
Soudain, et parce que c’est vital,
J’ouvre la fenêtre pour tout saisir à nouveau.
Je n’enivre du beau.
Je respire de longues goulées d’air salé.
Je contemple l’obscurité percée par les éclats de lumière
réguliers,
Et me dis que la vie que j’aime tant est ainsi faite,
Invisible comme le vent
Eternellement puissante.
Alors, tout doucement je tombe à genoux pour rendre grâce…
Annick SB avril 2026
( Logo rallye d’Alex B.T.: Briller, Fragile, Horizon,
Eternellement, Tomber, Silence, Soudain, S’étioler, Nuit, Invisible )
Nocturne de James Abbott McNeill WHISTLER : Clic !
Je suis
sur la rade et j’avance au rythme de ses pas en regardant le phare qui est au
loin
Comme si elle voulait se cacher
Pour ne pas fuir
Pour ne pas déranger
Pour ne surtout pas glisser et disparaître,
Elle me guette
Elle me guette du coin de l’œil ouvert ou fermé
Elle est fatiguée
Ce matin, elle s’est enveloppée du sombre de ses pensées qui s’étaient
invitées au réveil les vilaines, alors que la nuit avait si bien commencé
Elle les a fait ressurgir sans bruit, petit à petit, tout le long
de la journée
Juste en pointillé
Dans le long silence d’un moment accompli, de confidences, d’errances
Elle entend quelques clapotis
Ça divague
L’ennui a avalé tous les embruns salés ; elle sourit
Je suis
sur la rade et j’avance au rythme de ses pas en regardant le phare qui est au
loin
Comme elle est secrète
Pour ne pas la blesser
Pour ne pas l’atrophier
Pour ne surtout pas couler et disparaître, c’est vrai
Je la respecte
Je cache ses pensées qui sont trop dures à vous narrer
Ecran de fumée
Tout est volatile sur le port
L’ambiance
Les gens
Les vapeurs d’alcool
Les bateaux qui vont et viennent sans attache et se fixent
pourtant aux amarres
Je lui souffle : « IL ne faut jamais abîmer ce qui peut renaître. »
Je suis
sur la rade et j’avance au rythme de ses pas en regardant le phare qui est au
loin
A midi elle a eu chaud
Je crois vraiment qu’elle a eu chaud si j’en crois ses
tremblements indécents
Mais ça c’est une autre histoire que seul le phare connaît et
tait
Je ne suis pas habilité à tout vous raconter
Sans vraiment les froisser, elle attrape toutes ses mauvaises
pensées
Tous ses naufrages
Toute sa rage
Et dans le creux de leurs noirceurs
Elle les repasse, un à un, comme une bonne chimère qui espère pouvoir
tout recommencer
Comme elle est fragile
Elle s’accroche à la roche pour ne pas tomber
Humidité salée
Ses paupières clignent et s’alourdissent, je le sais
Elle s’approche et me frôle sans danger
Je crois qu’elle m’aime
Je suis
sur la rade et j’avance au rythme de ses pas en regardant le phare qui est au
loin
C’est le début de la soirée maintenant
Elle a envie de pleurer
Elle me regarde m’effacer
Elle se pose, elle s’adosse
Elle pense à la fée Carabosse qui a voulu l’embobiner
Et dépose à mes pieds tout ce qu’elle voulait crier et qui
était resté coincé
Et puis, soudain, dans l’obscurité qui m’a tout ôtée, elle
décide de dormir à la belle étoile, là, sur le port
Elle souhaite se laisser guider dans des pensées qui vont
devenir rêves pour laisser place à tout ce qui peut arriver dans la clarté et
la luminosité des songes, toujours renouvelés
Je fuis
sur la rade et disparait au rythme de ses pas
Je ne
vois plus le phare qui est au loin
Je m’éteins,
et me laisse lentement bercer par sa grande beauté…
Annick SB avril
2026
Proposition 315 du blog Ecriture créative : Clic !
Que chante le coq,
Ce matin encore
Que pétillent les plumes
Que fume le fumier
Que traverse l’éclair,
La grange s’enflamme.
Tu enfilais tes bottes
Travail ; activité ; labeur ; sueur
Quelque
part dans un champ, les chevaux t’attendent…
Que tombe la neige
Pour apaiser tout ça
Effacer, camoufler, calfeutrer
Tout ce vacarme là
Toutes mes peurs, mes vides, mes douleurs
Encore une fois, dis-moi
Juste une fois
M’aimes-tu ?
Est-ce possible que tu y songes encore au travers des
nuages ?
Que chante le coq
Je t’observe sur ce cliché sans ride
Je me soumets aux souvenirs,
Aux bons, aux merveilleux, aux indescriptibles
Quand, feignant d’être endormie et en paix
Je pleure
Paupières closes et lèvres humides
Salées
Tes insomnies croisent-elles mes rêves ?
Où es-tu ?
Dis-moi, dors-tu vraiment dans cette mort béante qui t’a
aspiré jadis ?
Attente
Que chante le coq
Que sonne la cloche
Que résonne le temps
Tu me manques toujours tout autant
Et nos rires,
Et nos cris,
Nos désirs,
Notre couche
Nos fils emmêlés
Nos souhaits
Ceux qui filent sur le rouet de l’instant
Où la perte saccage l’élan
En grinçant
Formant une couverture
Un linge brodé de cœurs et d’initiales
Un linceul que seule la mort chiffonnera encore,
Chiffonnera toujours, mon amour…
Que chante le coq,
Ce matin encore sur le muret en pierres
Que pétillent les plumes multicolores
Que fume le fumier
Que traverse l’éclair,
Mes souvenirs s’enflamment
Et la journée m’attend…
Annick SB mars 2026
Robert Doisneau 1943
" Il fut saisi par la perfection du silence , l'impossible blancheur de la neige là où elle s'étalait, intacte, contre les immeubles, s'amoncelait en courbes moelleuses sur les voitures en stationnement. Lorsqu'ils arrivèrent près du taxi, il resta un moment immobile, regardant autour de lui, s'imprégnant du spectacle."*
Jamais il n'aurait imaginé être à ce point fasciné par la neige. Il en voyait tomber chaquae année depuis sa plus tendre enfance, mais cette fois-ci il ressentait quelque chose d'étrange, de différent, comme si le temps s'était arrêté, comme si la ville avait disparu, comme si tout était définitivement englouti. Et il se mit à parler tout bas, tout seul ; il ne savait pas au juste si c'était une prière ou une incantation. Il répétait des mots, des bribes de phrases, et ne prétait plus attention à ses compagnons de route. Son père toussota pour le faire redescendre sur terre. Sa mère lui essuya le coin des lèvres avec un mouchoir. Dès lors, il cessa de prononcer à voix haute ses paroles désordonnées mais il les poursuivit dans sa tête et son coeur au rythme des flocons qui tombaient toujours, en plus grand nombre.
Quand le chauffeur de taxi descendit pour ouvrir péniblement le coffre, il le regarda attentivement déposer sa grande valise. Avait-il compris qu'il partait pour toujours ?
Ils roulèrent lentement pendant plus d'une heure.
Régulièrement, il tentait d'apercevoir des passants sur les trottoirs. Mais le froid avait eu raison de l'agitation habituelle de cette grande ville et il se sentit seul, très seul.
Ses parents avaient la tête baissée. Se sentaient-ils inquiets ou honteux ?
Il ne le saurait jamais...
Chaque fois qu'il se remémorerait la scène de son départ, il aurait, accompagnant son immense et indestructible chagrin, un regret, un seul regret, celui d'avoir fait tomber son étoile jaune dans le neige en montant jadis dans le taxi...
* incipit extrait de " Corps et âme" de Gra,k CONROY
Annick SB février 2026