Tu seras bien …

 


 

Tu attends.

Tu ne te sens pas bien.

Tu me regardes et tu attends.

Un signe,

Un signe mouillé,

Une goutte,

Oui, une simple goutte

Tu as soif, je le sais.

 

Mais aujourd’hui, ce n’est pas ainsi que je vais te parler.

Aujourd’hui, je ne suis plus seul.

Le vois-tu ?

Je me suis étoffée de sa présence et je l’attends moi aussi.

Comme toi.

J’attends qu’il se lève, qu’il me pousse.

 

Je voudrais que tu arrives à me faire entièrement confiance.


On t’a planté là, dans une cour bétonnée et tu sembles insatisfait.

N’aies crainte.

Je veille.

Chaque bulle, rebond, remous est la promesse de ta vitalité à venir.

Je ne vais pas m’évaporer et te laisser seul.


Crois-moi.


Pendant que tu m’observes en silence, je m’agglutine, je grossis, je prends forme pour te protéger.

Sache que moi aussi j’attends.

Comme toi.

Le vent va se lever tout doux.

Je le sens.

Je le sais.

Un tourbillon de fraîcheur va t’entourer.

La lumière va jaillir, projetant des gouttelettes sur ton feuillage caressant tes branches.

Tu n’auras plus soif.

Tu seras bien.

Enfin !

 

Annick SB     juillet 2026

 

Atelier d’écriture « Où commence le ciel » animé par Haïla Hessou

Consigne : faire parler un nuage

 


Un simple morceau de bois...

 


Parce que tu avais la forme de ce qui un jour a touché mon cœur

Parce que j’ai hésité un instant entre racine ou branche

Parce que tu flottais seul, bercé par les herbes hautes

Perdu au milieu des rejetons du saule pleureur sous lequel je me réfugie souvent pour rêver

Parce que tu étais accessible

Je me suis penchée pour t’attraper

 

Je n’ai pas dû m’enfoncer dans les sables mouvants ni perdre l’équilibre

Tu étais à portée de main ; pourtant je ne t’ai pas saisi immédiatement

J’ai pris le temps de t’observer un long moment

J’avais besoin de cette pause pour laisser glisser mes pensées vers toi, vers ce que tu représentes

Je songeais aux actes qui ont marqué Ta vie et aux symboles que l’on en a tiré

Mon imagination s’imprégnait de toute la gestuelle que l’on accomplit chaque dimanche en mémoire de Toi

Je songeais aux erreurs commises des siècles durant te concernant et à ta bienveillance qui a traversé le temps malgré tout

Je pensais à ce voyage entrepris entre le Ciel et la terre, à cet aller-retour permanent de Ton souffle qui nous fait à jamais saisir la verticalité et l’horizontalité de ta présence en nous

Je me suis accroupie pour rendre grâce en me demandant ce que j’allais faire de toi une fois que je t’aurai ramassé

J’étais heureuse de t’avoir trouvé

Dans quelle pièce, à quelle place allais-je te poser ?

Pensées futiles…

 

Puis, agenouillée, je t’ai enfin saisi

En te tenant dans la main, j’ai compris notre misère ; vouloir t’enfermer dans nos vies parfois rabougries par manque de confiance et attendre sans désir on ne sait plus trop quoi, vainement

Pensées inutiles…


Alors, ce proverbe s’est mis à danser en boucle dans la tête :

« Il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir, Il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir … »

J’ai compris que tu ne m’appartenais pas

J’ai souri

J’ai senti l’envie du partage même s’il n’y avait personne sur la rive ce jour-là

Je me suis demandée qui te cherchait vraiment

Ça m’a fait réfléchir à mon rôle dans cette histoire, à ma mission, à l’imperceptible force que tu m’as offerte pour transmettre

Et comme je savais que tu attendais patiemment chacun d’entre nous, je t’ai attrapé, je t’ai embrassé délicatement et je t’ai lancé loin, de toutes mes forces, dans les remous de la rivière pour te délivrer de la prison de mes mains, de mon égoïsme, de mon désir de possession, pour que ton voyage se poursuivre, espérant qu’une autre âme à la dérive te voit, et, comme moi te fasse peu à peu totalement confiance en s’amarrant définitivement à ta puissante racine …

 

Annick SB     juillet 2026




 Proposition d'écriture ici : Clic !


Juste ça ...


Les gravillons chantent sous mes souliers

J’avance dans l’allée ; je ne cherche rien

Rien d’autre que ce que j’ai déjà trouvé

La paix…

 

Il trône, majestueux, couvert de boutons prometteurs

Quelques fleurs, déjà ouvertes accueillent mon téléphone portable toujours prêt à prendre deux ou trois clichés

Premier clin d’œil : la brise fait vibrer les feuilles

Comme d’habitude je ne sais plus qui tremble

Partage d’émotions

Je fonds

 

J’aime cette routine qui parfois sent si bon

Et quand aucun parfum titille mes narines

Je m’en remets au vent en chantant

 

Ce matin, c’est extraordinaire

Véritablement exceptionnel

Inexplicable

Car quand je m’approche pour immortaliser le rosier

Il est là, tout petit, caché

Un cœur percé dans un pétale

Juste un petit cœur

Juste ça, pour moi, là

 

Les gravillons crissent sous mes genoux

Le deuxième clin d’œil est tout doux

Comment ne pas rendre grâce devant ce spectacle rubace !

Je reste là, béate, en paix

 

Je fais le compte ; j’ai déjà photographié des milliers de roses

Je ne m’en lasserai jamais, jamais, jamais…

 

Annick SB   mai 2026




Proposition d'écriture ici : Clic !

 


Toujours...

 

Aquarelle de Félix Aumont-Leygue


 

 

-        Certains disent : « C’est le monde à l’envers ! » 

-        Mais non, je ne suis pas d’accord ; le monde tourne toujours de travers et les rochers sont écueils ou refuge, mais jamais l’envers du décor.

-        Certains affirment : « C’est sens dessus dessous ! »

-        Mais non, je ne suis pas d’accord ; le sens qu’il soit en haut, en bas ou au milieu reste la boussole, le phare qui nous guide…

S’élever, briser les chaînes, élargir l’espace de ma tente, ça me tente, pas toi ?

-        Pour aller où ?

-        Dans la petite cabane isolée si tu aimes la solitude.

Sur les ailes du moulin si tu veux tourner en rond.

-        Non, je souhaite sonner le carillon ? Est-ce possible ?

-        Oui, bien sûr ! Ecoute-moi, une dernière fois, je t’en prie. Si tu sonnes le carillon, les idées deviennent chansons ; alors oui, accroche-toi à la corde et fais vibrer toutes tes pensées !

-        Merci mon ami …


-        Ne t’arrête pas en chemin. 

Avance. 

Ose. 

Vis !

 

Les phares sont l’aide dont nous avons tous besoin, de temps à autre.

La lumière brillera toujours, toujours, toujours … à l’infini.

N’aie crainte, tu n’es jamais vraiment seul si tu penses à lever les yeux…

 

Annick SB  mai 2026


Plaisir d'écrire....

 

Je vous laisse découvrir ce nouveau blog :

" Plaisir d'écrire " 

Il prendra vie le 1er mai 2026 pour une durée d'un an avec des propositions d'écriture hebdomadaires !


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